Le Matin

Lundi 4 décembre 2006

 
David Valente, organisateur du 1er salon de la voyance dans le Jura, avec la banderole que des habitants de Courtételle ont demandé de retirer de la façade du restaurant de la Croix-Blanche.

Photo © Roger Meier/Bist


 
 

 
Une patronne de bistrot harcelée et menacée au nom de Dieu
COURTÉTELLE (JU) Le 1er Salon jurassien de la voyance perturbé par des fanatiques qui reprochent à la restauratrice de louer sa salle aux professionnels de l'art divinatoire
JEAN-PIERRE MOLLIET
03 décembre 2006
Sur le web
» Association professionnelle des arts divinatoires (APAD)
» Restaurant de la Croix-Blanche
» Canton du Jura
» Courtételle
Femme active et dynamique, à la tête d'un restaurant bien connu des gourmets, Louise Mabillon a été harcelée au téléphone par des personnes qui l'ont prise à partie et menacée au nom de Dieu. On l'a vouée aux pires gémonies pour l'unique raison qu'elle a loué sa salle du 1er étage à l'Association professionnelle des arts divinatoires (APAD), laquelle a organisé du 30 novembre au 3 décembre le Premier Salon jurassien de la voyance. «Selon ces chrétiens, c'est comme si j'avais ouvert la porte de mon établissement au diable», lance-t-elle en refusant d'en dire davantage, afin de ne pas entrer dans une polémique dont pourrait pâtir la bonne renommée de sa salle à manger. Les faits sont pourtant là. Elle a subi de telles pressions qu'elle a fini par obtempérer à la requête de ses interlocuteurs qui demandaient d'enlever la banderole placardée sur la façade du restaurant pour annoncer l'événement.

Tradition ancestrale

«On sent de l'animosité lors des Salons mis sur pied dans les cantons catholiques, mais c'est la première fois que les attaques sont aussi virulentes et ouvertes», admet David Valente, de Châtel-Saint-Denis, président de l'ADAP. A cette minorité de croyants offusqués, d'aucuns se plaisent à rappeler que le Jura est une des seules régions de Suisse où l'exorcisme est une pratique encore courante, où les grimoires perpétuent une tradition ancestrale et où une liste de «guérisseurs» est à la disposition des médecins, liste qui circule même dans les hôpitaux du canton.

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